L'anglais ne lui suffisait pas!
Toujours plus, comme d'habitude!
Nous avons alors été en Espagne!
Pendant un an! On en était revenu la tête pleine de souvenir, bronzées, et nous savions parler l'Espagnol!
Angèl écoutait alors des musiques en Espagnol! Elle avait adoré la façon des espagnols à rouler les r!
Elle m'avait dit au creux de la main qu'elle trouvait ça très beau et qu'elle regrettait de ne pas pouvoir le faire! C'était une des rares fois ou elle me parlait de son handicap et se qu'elle regrettais !
Mais on ne c'était pas arrêter à ça !
L'allemand restait pour elle une langue particulièrement difficile à l'écoute dans les rares chansons qu'elle avait entendues par hasard.
Alors encore une fois nous étions partis pour un nouveau voyage ! Elle avait tous juste 11ans !
Mais nous nous étions heurté à un gros morceau cette fois ci !
N'ayant jamais fait d'allemand comme j'avais déjà pratiqué l'espagnol, je débutais comme elle dans cette nouvelle langue !
Et si elle était complètement déstabilisée, je l'étais tout aussi !
Cette façon de parlé m'avais beaucoup perturbé, et nous avions failli rentré car ni l'une ni l'autre ne parvenait à comprendre la langue du pays !
Mais Angèl avait alors insister !
Avait dit qu'on ne pouvait pas partir comme ça alors que nous étions presque devenu trilingue !
Une fois de plus, son courage et sa persévérance m'avaient impressionné et alors nous nous étions débrouillé pour trouver une école française pour nous aider à au moins prendre des bases, même infimes mais indispensables dans l'apprentissage que nous envisagions !
Nous y étions donc parvenus ! Nous étions resté jusqu'aux 13 ans d'Angèl, soit un peu plus de 2 ans !
Nous nous étions très bien accommodé de cette langue un peu brutale pour le début !
Nous avions pris goût au pays ! Il semblait si différent de l'Espagne et l'Angleterre !
L'hiver, nous nous amusions à sortir, marcher dans la neige qu'elle sentait crisser sous ses pieds !
Elle m'avais confier que le froid elle adorait ça et qu'elle préférait le froid de l'Allemagne à la chaleur de l'Espagne !
Elle avait quitté le pays avec un peu de tristesse au fond de ces yeux blanc !
Si elle savait juste un moment que l'Allemagne lui airait apporté autre chose que la maîtrise de la langue !
Car l'Allemagne lui avait fait connaître 4 garçons !
Un nouveau groupe de musique !
Qu'elle avait entendu à la radio ! Et qu'elle m'avait demandé leur nom par la suite car elle avait tout de suite trouvée la voix de la personne qui chantait très belle et qu'elle avait aussi compris les paroles !
Elle avait 16 ans, et elle découvrait pour la première fois Tokio Hotel !
Elle avait tout nettement refusé que je lui décrive les personnes qui composaient le groupe !
Avait juste accepté que je lui dise qu'il s'agissait de 4 garçons de 17 à 15 ans !
17 pour Georg et 15 pour les jumeaux Bill et Tom !
Sans oublier celui du milieu, 16 ans, Gustav !
Ils débutaient, étaient à peine connu en France et elle avait trouvé leurs paroles belles !
On avait attendu qu'ils sortent un CD, elle l'avait acheté et pendant un certain moment, l'écoutait en boucle ! J'aimais aussi ! Je trouvais le groupe très charismatique ! Professionnel !
On les avait écouter pendant, oh, longtemps !
Elle avait acheté le deuxième CD!
Je ne voulais pas en revanche lui parler de toutes ces émeutes que le groupe créait lorsqu'il venait en France !
Elle n'en avait pas conscience ! Elle écoutait simplement les chansons !
Les adoraient toujours autant !
Bien sur cela faisait maintenant un an qu'elle les connaissait, elle avait 17 ans et avaient un peu changer ! Elle avait presque oublié les membres mais continuait d'écouter les chansons !
Elle en écrivait elle aussi ! Bien sur ; ce n'était juste des textes mais pour elle c'était comme des chansons ! Je l'avais su non par elle mais par du hasard !
Et je ne lui en avais pas parlé !
Je n'avais pas fouillé, juste ouvert un tiroir pour ranger des affaires et les avais trouvé !
J'en avais été ému, presque pleuré ! Elle ne me confiait pas ses souffrances, et pourtant dieu sait qu'elle en éprouvait !
Mais la je pouvais lire, lire en elle ! Et encore une fois, je l'avais admirée !
17 ans ! Elle aimait le groupe Tokio Hotel, ne les avait jamais vu, on était donc sur et certain que c'était une vrai fan, et non une groupie, comme j'avais déjà vu dans certains blog de jeune filles comme Angèl !
Elle les connaissait depuis un an, mais n'avait jamais osé me révéler qu'elle aimerait plus que tout les écouter en concert, et peut-être même les rencontré juste les <voir> !
Mais plus le temps passait, plus ça n'allait pas !
Je connaissais la santé faible d'Angèl.
Elle n'était pas mourante, mais son ouïe devenant de plus en plus faible malgré les traitements qu'elle suivait elle déprimait car ne pouvant plus écouter sa musique elle devenait morose.
Cela faisait longtemps que je n'avais plus vu un sourire sur ses lèvres.
Elle perdait même son envie d'apprendre toujours plus.
Elle me “parlais” de moins en moins.
Alors, j'étais resté à l'affût de la moindre information sur son groupe qu'elle aimait tant.
Et j'avais alors entendu parler de leur tournée dans toute la France, je n'avais alors pas attendu plus longtemps.
Je m'étais renseignée sur les dates des concerts, les lieus, et comment me procurer les billets.
Il m'avait alors suffit de mentir à Angèl, lui inventer une excuse un peu bidon je l'avoue pour que je puisse aller acheter les places sans qu'elle le sache.
J'étais allé de bonne heure pour éviter qu'elle ait des soupçons.
En allant sur Internet le soir même, je m'étais rendu compte que j'avais bien fait car les billets s'étaient littéralement écroulés dès leur mise en vente.
Je devais le reconnaître, j'avais eu beaucoup de chance.
Le soir, j'avais alors pris la décision d'annoncer à Angèl m'a surprise.
Elle était un peu de meilleure humeur, ses problèmes d'ouïe s'amélioraient un peu, ou au moins lui permettait d'écouter Tokio Hotel.
Pendant le repas, je lui avais demandé ce qu'elle avait prévu le 17 octobre, une impression de surprise était alors apparue sur son visage de jeune fille de maintenant 17 ans.
Elle m'avait alors demandé dans le creux de ma main pourquoi je lui disais ça: on était en juin, alors elle devait me prendre pour une folle.
Je lui avais donc mis dans le creux de la main les précieux billets.
Elle avait alors été plus qu'étonnée, elle avait pris les places à pleines mains, les avait touchés, palpés, avait bien compris qu'il s'agissait de papier.
Mais ne comprenait toujours pas pourquoi je lui mettais de simples papiers dans ses mains, pourquoi je lui avais demandé ce qu'elle faisait le 17 octobre.
Je lui avait alors pris les billets des mains et lui avait dit au creux de sa paume tendu vers moi depuis déjà tant d'années, cette paume que j'avais vue si petite et qui avait tant grandi, cette paume dans laquelle tant de mots, de phrases étaient venus s'y loger.
Je lui avais alors dit que je l'emmenait à un concert.
Elle avait ouvert ses grands yeux, regardait vers moi et je savais qu'elle avait compris.
Mais je savais aussi qu'elle n'aurait jamais osé me dire ce qu'elle pensait au fond d'elle.
J'avais alors précisé qu'il s'agissait d'un groupe allemand et qu'ils étaient connus par beaucoup de monde. Ses yeux s'étaient mis à briller.
J'avais à mon tour été surprise.
Elle n'avait jamais pleuré, même lorsqu'elle était toute jeune et que j'avais du la gronder pour lui dire que ce « n'était pas bien ».
Mais non, elle ne pleurait pas. Seulement n'y croyait pas. Elle m'avait alors dit:
-C'est pas une blague tu me jure?
-Je te jure!
Elle m'avait alors pris la main et m'avait dit merci!
Tout simplement merci!
Mais pour moi, c'était aussi beau qu'une larme ou même que toutes les larmes du monde.
Je l'avais juste serré dans mes bras, pas longtemps, juste pour qu'elle comprenne que pour elle je ferais bien plus.
Je lui faisais confiance, je savais qu'elle avait compris. Elle devint alors tout exister. Elle me posa un tas de question.
Quand, ou, à quelle heure, ou est- ce qu'on serait placé.
Je rigolai, elle sourit. J'avais alors répondu le plus vite possible dans sa main.
Elle souriait, un peu béate, n'y croyant pas.
Elle semblait un peu déçue d'apprendre que nous n'allions voir ses idoles que dans 5 mois, 5 long mois qui allaient être long très long à attendre mais pendant lesquels elle aurait une bonne raison de sourire.
Je l'avais retrouvé, elle voulait apprendre encore.
On avait encore tellement de chose à voir.
On était en vacances, il fallait voir pour la prochaine école d'Angèl.
Elle m'avait alors demandé si elle pouvait essayer une école normale, comme tous les autres.
J'étais un peu réticente à cette idée, mais elle m'avait fait remarquer qu'elle allait mieux, que son ouïe recommençait à bien fonctionner et qu'elle n'aurait aucun mal à comprendre ses professeurs.
Je lui avais rappelé que là ou elle irait, personne ne souffrait de handicap de la parole ou de la vue, elle n'avait pas paru gêner, avait juste dit que le plus embêtant était de ne pas pouvoir dire aux professeurs son avis, ses réponses.
Je lui avais alors parlé des jeunes de son âge.
Jusque-là elle n'avait connu que des personnes qui étaient comme elle, avec qui elle pouvait parler grâce au langage des mains.
Mais que dans une autre école, elle ne pourrait pas alors communiquer avec ses autres si je n'étais pas là. Ne pourrait pas se trouver un ami.
Car Angèl avait déjà eu des relations amoureuses.
Elle ne m'en parlait que rarement mais je me doutais bien que l'excuse, “je vais voir une amie” n'était pas vraie.
Je lui avais alors dit, elle avait rougi. Elle m'avait dit son nom, Erwan, m'avait parlé de leur rencontre.
Tout comme elle, il ne parlait pas mais voyait et entendait.
Elle me l'avait présenté, il m'avait paru gentil.
Timidement, un soir, alors qu'elle était avec ce garçon depuis 6 mois, elle m'avait confié qu'ils avaient eu pour la première fois leur relation sexuelle.
Elle avait eu un air gêner.
Je lui avais alors dit
-Tu le voulais?
-Oui!
-Alors c'est normal. Angèl, t'as 17 ans. Tu es grande. Je suis même surprise que tu ne l'aies pas fait plus tôt. Tu es mature depuis bien longtemps, et au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, les garçons te tournent autour depuis bien longtemps et ne crachent pas sur ton passage.
Elle avait alors paru un peu choquée que je lui dise ça. Je décidai donc de lui ouvrir une bonne fois les yeux
-Angèl, ne te fait pas plus bête que la normal. Tu ne te vois peut-être pas dans la glace dans ta chambre mais tu connais quand même ton corps.
Tu sais que tu as tout ce qu'il faut, à la bonne place, en bonne quantité.
Tu sais ce qui plaît au gars. Tu es peut-être aveugle, mais pas idiote tout de même.
17 ans, c'est un bel âge.
Mais pourtant je te vois toujours à la maison, le nez dans les bouquins, et tu ne bouges pas.
Je désespérais de te voir un jour avec un gars. Je redoutais d'ailleurs que tu ais ta première relation sexuelle lors de tes 30 ans. Ça me rassure mais je te dis ce que je pense.
J'ai l'impression que tu prends ton handicap contre toi et qu'il t'empêche de vivre comme une jeune fille de 17 ans.
Je sais, je ne suis pas comme toi, mais j'ai vécu avec des gens comme toi pendant toute mon enfance. Je sais qu'une sorti en ville n'est pas pareil pour une jeune fille qui va voir et parler et toi, mais tout de même. Amuse toi, profite de la vie. Sort avec tes amis, rencontre de nouvelles personnes,
Rencontre des gars de ton âge, ne devient pas une fille facile mais baisse tes barres de protection.
Je t'ai vu, lorsqu'un gars vient vers toi tu deviens particulièrement froide avec lui, tu ne cherches même pas à le connaître.
Les gars qui te voient vont directement vers toi, la plupart s'arrêtent en regardant tes yeux, mais d'autres, plus courageux et surtout plus intelligents vont oser te parler.
Tu les entends, tu devines que ce sont des gars, et non des filles, et tout de suite tu deviens très froide, on lit sur ton visage que l'on ne doit pas s'approcher plus.
Franchement, Angèl, je te ne comprends pas tout le temps, je....
Mais elle ferma la main. Ne voulu pas que je continu sur ma lancé.
Avait tourner les talons, et sans hésiter s'était précipités au premier étage, non dans sa chambre mais sur le balcon de la chambre d'ami, car c'était l'endroit où elle allait depuis qu'elle était petite lorsque je la grondais ou qu'elle se posait tout un tas de questions que l'on se pose lorsqu'on est dans l'âge des questions.
Je me suis alors rendu compte que j'avais été plutôt fort.
Mais il me semblait indispensable que je la change, que je lui dise qu'à son âge on ne restait pas à lire sans arrêt.
Je sais, c'est forcément bizarre de l'obliger à sortir, à ne pas rester dans cette maison, mais je savais que dans une vie comme la sienne, on n'était jamais sur de son avenir, j'avais bien trop connu de destin d'amis qui croyaient avoir toute la vie devant eux et qui la voyait s'éteindre avant d'avoir eu le temps d'accomplir tout ce qu'il avait en tête, les projets, et c'est souvent ce qui les faisait le plus souffrir.
Et je ne voulais pas qu'elle souffre.
Elle avait déjà tant souffert lors de son enfance que je ne voulais pas qu'elle souffre encore alors qu'elle avait tant grandi.
Elle ne se rendait pas compte qu'elle gâchait les plus belles années de sa vie.
Elle m'avait alors soulagé lorsqu'elle m'avait confié sa première relation.
Mais je la connaissais, elle n'irait pas plus loin, se contenterait de là, et le garçon avec lequel elle était pour le moment ne comprendrait pas et voudrait alors mettre fin à leur relation.
J'étais déjà heureuse qu'elle ait tout de même trouvé la personne qui lui convenait.
Mais j'avais trop peur qu'elle soit de nouveau déçu par la vie. Je restais assise à la table de la cuisine.
J'avais envi d'aller la voir, mais je savais qu'il lui faudrait du temps pour qu'elle comprenne pourquoi j'avais été si dur avec elle, si sincère.
Au bout d'un certain temps, j'avais entendu ses pas dans les escaliers, et même si je me doutais qu'elle aurait compris mes paroles, je redoutais qu'elle ne vienne me parler avant quelques jours.
Et encore une fois de plus dans ma vie, j'avais été surprise par la rapidité d'intelligence d'Angèl.
Elle était rentrée dans le salon, avec sa démarche souple, presque féline.
Elle n'était pas venu tout de suite vers moi, elle avait un peu hésité, marchait en frôlant les meubles, les touchait avec ses doigts fins, comme si elle voulait les imprimés pour se les rappeler.
Je l'observais, la contemplant presque.
J'avais devant moi une jeune fille de 17 ans.
Ses cheveux bruns aux reflets roux lui tombaient sur les épaules et encadrait son visage gâté par la vie.
Je n'étais pas surprise lorsque je voyais tous ses garçons lui tourner autour.
Je savais que j'aurais aussi voulu plus la connaître si j'avais moi-même j'avais été du sexe masculin.
Ses yeux étaient tout aussi spéciaux qu'elle.
Elles les avaient d'un bleu foncé, qui contrastait d'une façon impressionnante avec le centre de ses yeux qui était blanc.
Les gens restaient souvent un moment hésitants face à ses yeux si particuliers.
Ils se montraient enfin curieux, devinant qu'elle était aveugle.
Mais ce n'était pourtant pas cela qui me fascinait tant chez la jeune fille qui se trouvait dans la même pièce que moi.
Ce qui me fascinait, c'était son caractère.
Curieux, émotive, sensible, ouvert, tolérant, parfois grognon, impatiente, à fleur de peau.
Mais je connaissais cette jeune fille. Je connaissais son intérieur.
Je savais que si elle le pouvait elle prendrait toute la misère du monde et se la mettrai sur ses épaules.
Je savais qu'elle se détestait en son fort intérieure car pendant des années elle n'avait dépendu que des gens lui apprenant en quelque sorte à vivre.
Et que même maintenant, à son âge, elle ne pouvait être seule bien longtemps car personne ne pouvait la comprendre.
Et que rien que pour cela, le fait de toujours devoir me demander sans cesse de l'aide.
Telle que dans son enfance, ou j'avais due l'aider à apprendre l'anglais, lui apprendre l'allemand.
Elle ne pouvait pas se passer d'une aide comme la mienne, mais je n'en tirais aucune fierté, la laissant au plus possible à chaque fois, apprendre d'elle-même.
Et elle se détestait, un peu plus chaque jour, de toujours devoir demander une aide.
Oh oui elle se haïssait, un peu plus chaque jour mais ne pouvait être différente.
Elle avait grandi comme cela, elle avait 17 ans, se haïssait toujours autant mais ne le disait à personne et ne le dirait jamais.
Et pour cela, je l'admirais, dans sa façon de ne jamais laisser voir ses sentiments.
Je ne l'avais jamais entendu rire ni vu pleurer.
Pourtant j'étais persuadé que son rire devait être le plus beau que personne n'ait jamais entendu et que ses larmes devaient être les plus belles que toutes celles déjà versées.
Mais elle ne me les laisserait jamais écouter ou voir. Et pas plus ce soir-là qu'un autre.
Et lorsqu'elle s'assit en face de moi, les yeux dans le vague comme depuis toujours, elle me tira de ma rêverie, elle ne pleurait donc pas, ne souriait pas, son visage était démuni d'expression, pourtant je savais qu'elle n'était pas triste, qu'elle ne m'en voulait pas. Elle me prit alors la main et me dit au fond de celle-ci:
-J'ai compris. Merci.
-Mes paroles ont été dures.
-Non. Écoute, je n'ai pas vu ce que faisait. Je sais bien que ma vie n'est pas comme celle des autres personnes. C'est vrai, regarde- moi, aveugle, muette et malentendante. Cependant si bien faite, aucun bouton, tout ce qu'une jeune fille désirait.
Une jeune fille normale. C'est ce que veut une jeune fille normale. Sauf qu'on me l'a donnée à moi, à moi. Mais on n'a pas jugé bon de me donner que cela. On m'a aussi donné des yeux qui ne voient pas, une bouche qui ne parle pas, des oreilles qui entendent une fois sur deux. Je ne trouverais jamais pourquoi on m'a donné tout cela. Et personne ne pourra me le dire. Mais je n'ai pas voulu de mes yeux, de ma bouche, de mes oreilles. Alors je n'ai pas voulu de mon corps. De tout ce que j'ai sur moi et en moi!
Elle s'arrêta un moment, la main en suspens, comme les gens lorsqu'ils ont trop parlés.
Je commençais à comprendre ou elle voulait en venir, mais je ne pouvais l'interrompre.
D'ailleurs, elle reprit ma main:
-J'ai accepté mon handicap. Tout ce qu'on m'a donné et que j'étais obligé d'avoir pour le restant de ma vie. Mais ce que je n'ai pas supporté, c'est ce corps.
Toute cette perfection alors que j'ai tout le reste contre moi. On me l'a donné, ce n'est pas juste. Ce n'est pas à moi que la perfection doit être donnée, et pourtant, manque de chance, je l'ai eue. Mais je ne l'accepte pas. Crois-tu vraiment que je ne sens pas tout le monde qui gravite autour de moi?
Gars comme fille. Pour les gars, je suis intéressante, ils me voient, et s'imagine très bien leur lit avec eux. Alors ceux qui voient mes yeux, qui devinent ce que je suis, certains laisse tomber, une aveugle, même bien foutue, ne vaut pas le coup.
D'autre par contre fait semblant de compatir, de me comprendre. C'est gentil de leur part, mais pas utile.
Je ne suis à leurs yeux, que quelqu'un de différent donc d'intéressant.
Et c'est la même chose pour les filles. Elle me pose des questions, sur ma vie, et surtout, très intéressant, les garçons. Je ne vois alors pas l'intérêt de faire de nouvelles rencontres.
Elle s'arrêta une fois de plus.
Elle n'avait pas besoin d'aller plus loin, je l'avais compris depuis bien longtemps mais elle se devait de poursuivre, au moins terminer ce qu'elle avait à dire, car pour une fois elle se confiait, disait ce qu'elle avait en coeur.
-Je suis désolé de ne pas avoir compris tout de suite que tout doit s'accepter. Je pensais bien faire. Je pensais que c'était juste d'accepter ce qui était contre moi, mais injuste de vivre avec ce qui pourrait m'aider à mieux vivre. Je pensais que c'était injuste.
Alors merci. Merci d'avoir ouvert mes yeux noirs et bornés. Je ne dois pas vivre qu'avec ce que j'aurais toute ma vie, mais vivre le moment présente c'est-à-dire le mauvais et aussi le bon. Merci!
Elle retira alors sa main, aussi doucement que lorsque qu'elle me l'avais glissée dans le creux de ma main.
Des larmes coulaient, ce n'étaient pas les siennes.
Je voulais qu'elle sache que je l'avais compris. Je lui pris alors un doigt et le posa sur ma joue humide, elle sentit une larme.
Elle l'essuya, et me serra contre elle. Je lui rendis son étreinte.
Je lui pris ensuite la main:
-Une école où il n'y a que des gens sans aucun handicap, c'est peut-être bien. Mais tu sais qu'ils te regarderont aussi comme tous les autres que tu as déjà rencontrés. Les gars comme les filles.
Elle me sourit, d'un beau et grand sourire que je ne lui pas avais vu depuis bien longtemps, depuis que je lui avais annoncé que nous allions voir Tokio Hotel, il y avait tout juste un mois.
-Maintenant, je sais vivre avec ce que l'on me donne. Et puis, je trouverais sûrement des personnes avec qui je pourrais parler d'eux.
C'est vrai, regarde, les autres, comme moi, sont sympas mais il ne comprend pas pourquoi j'aime autant ce groupe, à la langue si particulière et agressive. Pourtant je trouve que la voix de Bill m'aide beaucoup à accepter le fait que je n'entende qu'à moitié.
Je rigolai, en essuyant mes larmes, je lui dis alors au creux da sa paume:
-Et à mon avis si tu rencontre Bill, ou Tom, ou Gustav, ou Georg, ils t'aideront aussi accepter ton corps.
Un sourire mi-radieux, mi-gêner apparu sur son visage. .
On passa le reste de la soirée à regarder différents lycées pour la dernière année d'Angèl. La bonne humeur était revenue, j'en étais ravie.
Pour la rentrée de septembre, Angèl et moi allions au lycée de la ville la plus poche.
Toutes les deux limites stressées à l'idée de se retrouver parmi tous ces gens sans aucune difficulté de paroles ou de vue. Mais Angèl m'impressionnait avec son calme.
Elle s'était habillée d'un jean simple, d'une veste rouge, et de ses converses rouges.
La rentrée avait lieu à 8h, mais nous avions rendez-vous avec Angèl dans le bureau du directeur avant de nous rendre dans la classe.
Comme tous les lycéens nous avions été voir la classe d'Angèl, et elle avait été un peu inquiète de voir qu'il y avait largement plus de gars que de filles, mais elle n'avais pas perdu son sang-froid quand même, et m'avait juste “dit”
-Tu crois que les gars aiment aussi Tokio Hotel?
Elle avait souri en sentant ma réponse
-Euh je n'en suis pas sûr, ce n'est pas vraiment leur style.
On avait alors té reçu toutes les deux dans le bureau du directeur du lycée.
Il nous avait juste parlé un peu de temps, nous avait vite fait expliqué le fonctionnement du lycée mais ne s'était pas attardé sur ses détails car il savait qu'une fois dans la salle de cour on nous aurait tout bien expliqué.
Il nous avait par contre demandé comment nous allions fonctionner toutes les deux, pour les études d'Angèl, pour son bac à la fin de l'année !
On avait tout expliqué, en détail ! Il avait seulement approuvé et avait finalement décider que nous allions allé dans notre salle de cour dès maintenant, pour ne pas louper les explications !
Je regarda, Angèl, elle me prit la main, effectua une légère pression pour me dire qu'ele était prête ! Je m'étais levé :
-Nous vous suivons !